Tunisiens, pollution et vandalisme
Nul ne peut ignorer le phénomène de la pollution des rues à Tunis (comme d’ailleurs dans n’importe quelle autre ville en Tunisie) : déchets, bouts de cigarettes, papiers, …
Parfois, c’est la faute à la municipalité locale de ne pas installer des poubelles, mais ce n’est pas une excuse : Personnellement, je préfère circuler avec une bouteille vide à la main jusqu’à trouver une poubelle au prix de me faire ridiculiser que de jeter la bouteille n’importe où ; certes je ne donne pas un bon exemple, mais je tiens à ne pas donner le mauvais exemple.
Mais ce qui impressionne le plus, c’est qu’à l’avenue Habib Bourguiba, la plus fastueuse avenue de la Tunisie, où il y a une poubelle chaque quelques pas, et où les gens trouvent plus intéressant de regarder les arbres, les bâtiments, les affiches, … si l’on prend la peine de baisser la tête pour jeter un coup d’œil, les déchets causés par des êtres humains généralement appelés “Tunisiens” ne manquent pas, au pied d’un arbre, sur la route, la place principale, …
Il ne s’agit pas donc seulement d’instaurer une infrastructure qui aiderait les citoyens à changer leur attitude, mais bien de changer la mentalité des pollueurs, des causeurs de dégâts, des incivilisés, …
Je me souviens lors de l’émission de Néjib Belkadhi — Shams Alik (Une des émissions tunisiennes les plus réussies et les plus originales), on a invité un sociologue qui a expliqué ce phénomène ; il a affirmé que la mentalité “destructrice” remonte à l’époque des Beys, où les agents turcs imposaient des taxes à la population jusqu’à la faillite (Voir mon article sur le despotisme des Othmans), d’où vient le verbe en dialecte tunisien “tarrek” (mot à mot : “turquiser”) : “tarrekni” veut dire “il m’a pris tout mon argent”. Alors, pour se venger, les Tunisiens s’en prenaient à l’infrastructure publique, qu’ils appelaient “bilik” (de public) : Eux, ils prennent notre argent, nous on détruit ce qu’ils construisent.
Ainsi, cette inconscience collective s’est poursuivie jusqu’à nos jours ; et le problème de cette inconscience, c’est qu’il n’y a guère de conscience pour y remédier ; il est vrai que des siècles d’oppression ne peuvent passer inaperçus, mais il est temps d’évoluer les mentalités, c’est ce que l’on dit depuis 50 ans…
